par Serguey Shinder
J’ai commencé ma carrière en collectionnant des compétences comme des trophées. Ce framework. Ce langage. L’astuce précise qui faisait de moi, un instant, celui qui savait la chose. Et une à une, j’ai regardé ces trophées expirer. Le framework est passé de mode. Le langage a été remplacé. L’astuce a été absorbée dans un outil que n’importe qui pouvait utiliser.
Pendant un temps, cela m’a fait peur. Si tout ce que j’apprends finit par devenir obsolète, à quoi bon apprendre ? Si la machine peut répondre à presque tout, que me reste-t-il à être bon ?
La réponse est venue lentement, en observant ce qui, chez moi, ne se démodait jamais. Ce n’étaient pas les technologies. C’était la curiosité — l’envie de comprendre comment les choses marchent, de poser une question de plus, d’ouvrir la boîte noire au lieu de me contenter de l’utiliser. Cette compétence-là n’a jamais expiré. Au contraire, elle composait : chaque chose comprise en profondeur rendait la suivante plus rapide à saisir.
C’est la seule compétence que rien ne rend obsolète, parce qu’elle n’est pas une réponse — c’est une manière d’aller vers les réponses. Les outils changent, les langages passent, les bonnes pratiques se renversent. La curiosité, elle, traverse tout : elle apprend le nouvel outil, puis le suivant, sans jamais se périmer avec aucun.
Alors je ne mise plus sur une technologie particulière. Je mise sur l’envie de continuer à apprendre, parce que c’est la seule chose qui survit à chaque vague. Le talent plafonne. Les compétences expirent. La curiosité, elle, compose — et à long terme, c’est elle qui gagne.
– Serguey Asael Shinder
Leave a comment